Camerone

Bonne fête de Camerone à tous les légionnaires aujourd'hui. Une pensée pour mon grand-père et mon oncle, légionnaires d'origine autrichienne et allemande. Pour ceux qui ne connaissent pas l'acte de bravoure des légionnaires de Camerone, un lien Bataille de Camerone — Wikipédia. 65 légionnaires résistèrent plus d'une journée face à 2000 soldats mexicains, réussissant à protéger le convoi dont ils devaient permettre le passage.

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Camerone, un vrai scénario de western. Un combat à 1 contre 30, où les défenseurs ont infligé 5 fois plus de pertes qu'ils n'en ont subies.

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Je ne connaissais rien de cette histoire. Je dois dire que j'étais d'abord un peu écœuré à l'idée d'un tel acharnement dans le carnage. Mais je découvre qu'une certaine humanité a tout de même eu cours, que l'officier mexicain a d'abord offert la possibilité aux Français de se rendre avant le combat, et qu'il a ensuite épargné la vie de plusieurs d'entre eux. Par ailleurs l'armée du Mexique semble célébrer aussi cette bataille, comme si elle avait fini par resserrer un lien d'estime. Compliqué, tout ça...


« L'assaut final est donné. Bientôt, il ne reste autour de Maudet que cinq hommes : le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel, Constantin, Leonhard. Chacun garde encore une cartouche. Ils ont la baïonnette au canon, et, réfugiés dans un coin de la cour, le dos au mur, ils font face. À un signal, ils déchargent leur fusil à bout portant sur l'ennemi et se précipitent sur lui à la baïonnette. Le sous-lieutenant Maudet et deux légionnaires tombent, frappés à mort. Maine et ses deux camarades [sont
sur le point d'] être massacrés quand un officier mexicain se précipite sur eux et les sauve. Il leur crie :

— “Rendez vous !
— Nous nous rendrons si vous promettez de relever nos blessés et si vous nous laissez nos armes !”

Leurs baïonnettes restent menaçantes.

— “On ne refuse rien à des hommes comme vous !” répond l'officier. »

(tiré d'une vidéo non identifiée)

Oui et ils demandaient aussi à ce que les Mexicains ne mentent pas sur ce qui s'est passé et ne les calomnient pas. Ce fut certainement une boucherie mais aussi un acte de dépassement dont la mémoire rappelle la force de la parole donnée tout comme le rattachement à l'honneur et à l'esprit de corps jusque dans le sacrifice de soi — un des soldats a protégé son sous-lieutenant de son corps en prenant 12 balles à sa place. D'autant plus que le contingent français pouvait vraiment croire à l'utilité de leur raison d'être là-bas, puisqu'il s'agissait d'instaurer au Mexique un régime stable favorable aux intérêts français et en faire une sorte de nouveaux États-Unis européano-mexicains (:thinking:). Ils ne se doutaient peut-être pas qu'on se souviendrait bien davantage de leur mort héroïque que de ce conflit que plus personne ne connaît.

Je crois que notre rôle mémoriel est d'avoir de ces choses sombres et épiques une approche qui rejette l'utilisation de ce fait d'armes à des fins d'enrôlement (au sens propre comme figuré) conservateur, sans tomber pour autant dans le nihilisme "tous morts pour rien dans une boucherie absurde". Tant de choses peuvent sembler absurdes selon le référentiel moral. Mais ce qui importe c'est la niaque qui les a poussés jusque là, parce que c'est cette même niaque qu'on célèbre, et qui apporte des choses très positives dans d'autres domaines. Le feu sacré des aventuriers, des pionniers, le dépassement des idéalistes, le fanatisme des soldats qui aujourd'hui s'engagent pour avoir une chance de mourir pour une bonne cause, libérale et humaniste, plutôt que tenter de fuir la mort comme ceux qui se pensent éternels. Ces mêmes choses qui font que les conservateurs s'arrachent les poils à l'idée même qu'on puisse encore être idéalistes et combattifs au feu comme au travail.

Aussi, la moitié des morts dans les rangs français dans l'expédition du Mexique, sont morts de maladie, soit 5000, ça relativise la boucherie. Le choléra d'Inde à peu près à la même époque aussi, faisait 200 000 morts chez les Mexicains, en France 150 000. Peut-être que l'expédition était absurde, mais pas le fait de respecter sa parole, d'autant plus qu'ils auraient peut-être juste été fusillés s'ils s'étaient rendus sans opposer de résistance. Leur destin était incertain, ils ont fait un truc dont on se souvient, et qui n'est ni du terrorisme, ni du crime de guerre, c'est ce qui compte.

"L'important, c'est de participer :crazy_face:" — fausse maxime militaire

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Leur acharnement avait aussi pour but de protéger le passage d'un convoi de ravitaillement et d'armes, qui devait sauver des vies. Et le sens de l'honneur et du devoir était bien différent à l'époque qu'aujourd'hui où ces notions ont presque disparu. Je n'ai jamais songé à cette bataille comme à une boucherie. La guerre est par définition une boucherie. Mais sans elle, que de libertés et de valeurs auraient disparu.

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Une grande habitude de l’armée française.
la majorité des victoires furent en sous-nombre.

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C'est pour ça que la doctrine de l'armée française ne permet de n'engager le combat que quand on est au moins trois fois supérieur en nombre : c'est pour se mettre un challenge sinon c'est trop facile :grinning_face_with_smiling_eyes:

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Charge par le centre et hop reglé

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