Charge mentale et travail domestique

"Le premier devoir d’une femme qui veut écrire est de tuer la fée du logis en elle" a écrit Virginia Woolf.

J'ouvre ce topic pour y glisser, au fur et à mesure de mes souvenirs et lectures, des ressources sur la charge mentale et le travail domestique. N'hésitez pas à ajouter vos références !

Je ne saurais exprimer à quel point je suis reconnaissante envers toutes les pionnières du féminisme, qui les premières ont osé affirmer que l'espace domestique est éminemment POLITIQUE. Très heureuse aussi de voir de nombreuses féministes contemporaines poursuivre ce travail de lutte politique domestique, notamment via la notion de charge mentale.

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J'ai toujours été impressionné par l'aptitude des femmes à être leurs propres esclavagistes. Je pensais que c'était dans leur tête, mais grâce à la notion de charge mentale et en découvrant à quel point les femmes sont jugées sur le logis et toutes sortes de fonction qu'elles sont censées remplir unilatéralement, même dans les milieux soi-disant progressistes, j'ai mieux compris. Même sans le vouloir, les gens n'éduquent vraiment pas les filles et les garçons de façon égalitaire. Je suis surpris à chaque fois que je réalise combien même les féministes de gauche sont plongées dans un cauchemar antiféministe par leurs proches ou même leurs compagnons de combat politique qu'elles croient être un moindre mal.

Je ne parle même pas du conditionnement pluriséculaire voire plurimillénaire qui pousse même génétiquement et épigénétiquement les femmes au larbinat. Le pire, c'est que les critères par lesquelles elles sont jugées et se jugent elles-mêmes peuvent pousser au conflit, quand on est quelqu'un de peinard. Par exemple, dans les cultures où on bat encore beaucoup les femmes, elles vont croire qu'on ne les aime pas si on ne les frappe jamais, ou qu'on ne leur fait jamais de crise. La psychose totale. Du coup elles peuvent pousser au conflit jusqu'à avoir cette situation tarée. Si aucune vaisselle n'est brisée, elle partira du principe qu'on ne l'aime pas. Plusieurs hommes qui sont sortis avec des maghrébines m'ont dit que c'était comme ça.

Donc effectivement, une fois qu'une femme s'est écartée des environnements les plus toxiques pour ne pas activer leur conditionnement de larbinage, c'est surtout un travail qu'elle doit faire sur elle pour tuer la fée du logis en elle. Du moins, d'abord tuer cette partie-là pour recommencer à faire des choses pour elle et non plus par standing communautaire, soumis au jugement des autres.

Tout ça me rappelle une phrase d'Eleanor Roosevelt, qui pourrait résumer le travail d'autognose à faire sur soi au-delà des seules revendications politiques : "Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement."

Ce qui ne signifie pas qu'il est simple de lutter contre une partie de soi qui nous attire vers la fosse de la monstrueuse abnégation.

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