De la fRance à l'UkrHaine

Au début de l’invasion en Ukraine par l’impérialisme Russe, on a tous essayé de trouver des éléments rationnels permettant de comprendre les motivations de Poutine : pseudo-dénazification, responsabilité de l’OTAN, la folie, appétit pour des territoires riches en matières premières, désir de restaurer l’empire soviétique…

Cette dernière hypothèse est jusque-là, la meilleure intuition, et se vérifie à travers les éléments de propagande et d’idéologie qui nous parviennent au fur et à mesure, et à travers les nombreuses alertes que l’Occident n’a pas su entendre depuis des années.

Mais cet impérialisme ne saurait expliquer les vols, les viols, les massacres, les destructions. On nous a dit, on a voulu croire, que les Russes dans leur majorité, étaient en désaccord avec cette invasion, qu’ils ne comprendraient pas pourquoi la Russie voulait envahir un “peuple frère”. Ce terme de “peuple frère” ou de “cousins ukrainiens” a d’ailleurs fait l’objet d’une intense promotion au début de l’invasion, comme pour nous rassurer sur le faible degré de souscription des Russes à l’égard du Kremlin.

Non seulement, les rares russes à utiliser ces termes recrachent en réalité une propagande russe fallacieuse qui impliquerait un destin commun entre la Russie et l’Ukraine, qu’il soit racial, civilisationnel ou politique (de nombreux Ukrainiens, sur Twitter et Instagram, ont alerté sur les dangers de cette rhétorique) mais en plus, il s’avère que de nombreux russes ne portent tout simplement pas les Ukrainiens dans leur coeur.

Même si l’impérialisme est à la source de cette invasion, la haine russe à l’égard de l’Ukraine et de son peuple en est le moteur : Haine du désir d’indépendance des Ukrainiens, haine de leur aspiration à non seulement se tourner vers l’Occident, mais également à revendiquer en faire pleinement partie. Ils ne se sentent ni soviétiques ni russes, ne le sont pas, et n’en ont certainement jamais eu l’envie. Les accoler de force à la Russie, par méconnaissance ou par adhésion à la propagande du Kremlin, revient à leur dénier ce qu’ils ont toujours été et ce qu’ils revendiquent être : des européens. Cette haine trouve aussi un terreau dans le constat que l’Ukraine et sa population jouissent sans doute d’un meilleur confort au regard de son plus faible PIB (59è au classement mondial contre 11è pour la Russie en 2021), du travail de sape soviétique passé, et des politiques désastreuses qui se sont succédées.

J’ai vu les images de la ville de Butcha avant l’invasion russe : en dépit de constructions plutôt modestes selon nos critères français, il semblait y régner un calme et une certaine douceur de vivre. A lire certains témoignages d’ukrainiens sur les réseaux sociaux, Butcha faisait partie de ces villes dans lesquelles les habitants de Kyiv ayant acquis un certain niveau de vie, voulaient poser leur valise. Des images sont toujours disponibles sur Maps (et sur Street View, elles datent de 2015). S’il y a certes, des quartiers plus pauvres que d’autres, dans l’ensemble, la ville renvoyait une image de prospérité naissante, assez inattendue venant d’un pays comme l’Ukraine (ou tout du moins, de l’image que nous nous en étions faites avant février dernier) :

appartements neufs, restaurants (Toscana Grill, Tinatin, Steak House “Vyhuhol”...) centres commerciaux (ТРЦ Avenir Plaza) parc municipal, et de nombreux espaces verts entretenus témoignent d’une capacité des Ukrainiens à se relever de l'ogre soviétique qui a tenté de les avaler.

Il n’est pas difficile d’imaginer la haine qui a pu animer le cœur des Russes, persuadés qu’ils allaient fouler le sol d’un pays qu’on leur a vendu comme inférieur. L’Ukraine et les Ukrainiens n’ont eu besoin que d'eux-mêmes pour se redresser doucement des affres de l’impérialisme soviétique. En plus des pires exactions qui ont été commises, les soldats russes se font connaître pour leur propension au vol des biens d’autruis, repartant avec des laves vaisselles, des bijoux, des vêtements, du matériel informatique…Non seulement cela met en lumière une mentalité que nous n’avons pas soupçonnée mais c’est aussi la preuve du niveau de tiers-mondisme dans lequel se trouve la Russie pour que ses soldats élaborent des trésors de logistique pour faire venir des lave-vaisselles jusque chez eux. Des vidéos et des conversations interceptées ont montré à quel point les Russes étaient ulcérés de ce niveau de confort. Les familles quant à elles, étaient soient placides soient ravies de ce pillage organisé, quand ce n’était pas les descriptions horribles des crimes commis sur les Ukrainiens qui leur procurent du plaisir.

Les Ukrainiens ne sont pas les plus riches, loin de là, mais toute tentative de prospérer individuellement, tout en faisant partie intégrante des peuples européens dans leur aspiration à la liberté, est perçue comme une atteinte à la puissance russe (et c’est sans doute en partie vrai, dans la mesure où les Ukrainiens, de concert avec les pays slaves et baltes, ont eu la triste opportunité de connaître en détail ce qu’il en coûtait d’être sous le joug soviétique). Comment osent-ils refuser le destin tiers-mondiste et misérable que leur offre la Russie ? Comment osent-ils refuser d’être noyés dans une pseudo-identité indifférenciée au profit de l’affirmation de leur passé, de leur culture, de leur héritage ? Cette vexation délirante a pris une autre dimension quand il a été question de reconnaître le bortsch, célèbre potage, comme faisant partie intégrante de la culture culinaire ukrainienne. Vous n'avez peut-être pas vu cette vidéo, à première vue sidérante, où Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, se plaint que les ukrainiens ne veulent pas partager le bortsch, ce qui serait donc de la xénophobie, du racisme. Beaucoup ont voulu y voir des propos débiles, sortis complètement de nulle part. Mais le Kremlin est loin d’être idiot, et fait une propagande susceptible d’avoir de l’impacte sur les Russes. En venir à s’adresser directement aux “maîtresses de maison” qui ne pourraient plus cuisiner le bortsch comme elles l’entendent à cause des égoïstes ukrainiens, n’est pas anodin. On fait toujours une propagande taillée pour ses receveurs.

Cette histoire de bortsch commence en réalité en 2020 : un célèbre chef Ukrainien, Ievguen Klopotenko a demandé à ce qu’un dossier soit déposé auprès de l’Unesco pour que le potage soit inscrit sur La Liste du Patrimoine Mondial Immatériel, comme un élément intangible de la culture ukrainienne. Selon des spécialistes et ethnologues ukrainiens, des sources du XVIè mentionnent déjà le bortsch comme un plat ukrainien, qui se serait ensuite diffusé au fur et à mesure des siècles, au point qu’aujourd’hui, le bortsch est systématiquement considéré comme un plat russe (je l’ai constaté par le passé, les restaurants étiquetés russes proposaient toujours du bortsch). Ce souhait de se réapproprier des pans de culture et d’héritage a, bien évidemment, provoqué la colère de l’empire russe : le bortsch étant préparé et mangé par tout le monde, y compris en Russie, il doit donc appartenir à tout le monde. Vous comprenez mieux maintenant cette allusion au bortsch de la part de Maria Zakharova. Incapable de prouver par des sources historiques sûres que le bortsch n’est pas ukrainien, l’impérialisme russe n’a plus que la force du dépit et de la vexation pour critiquer les ukrainiens d’égoïstes et de xénophobes. Toute tentative de récupérer des pans d’histoires et d’identité volés par la Russie est vue comme un danger, une déclaration de guerre.

Ceux qui parlent de “la fRance” ou la “France rance” ont la même rhétorique, la même mentalité que ceux qui considèrent l’Ukraine comme une nation avare. Des aigris français aux xénophobes ukrainiens : c’est la même haine émanant des chantres du communisme et du projet de mélangisme généralisé. Le bortsch fascisant pour les uns, c’est la gastronomie française comme élément de la suprématie blanche pour les autres. La capacité à se relever du pire et de la pauvreté grâce à un peuple capable de se constituer un début de confort et de prospérité sans avoir à remercier qui que ce soit pour cela, provoque d’un côté comme de l’autre, une haine monumentale qui appelle nécessairement à entretenir l’esprit de vengeance chez tous les frustrés envieux : les gauchistes martèlent que la France est riche grâce au colonialisme, quand la Russie accuse l’Ukraine d’égoïsme et de nazisme pour exciter les colères.

Sans vouloir comparer les horreurs qui se produisent actuellement en Ukraine avec ce que la France (et plus généralement l’Occident) a subi ces dernières années, et sans vouloir créer une hiérarchie de l’horreur entre les deux pays, cette rhétorique du rejet, de l'amertume et de l’aigreur, est d’une telle évidence qu’elle ne peut être ignorée, tout en étant si gênante qu’elle sera sans doute tue par ceux qui en abusent allègrement au quotidien. La seule chose qui les différencie, c'est que nos démocraties, certes imparfaites, empêchent pour les uns, la rapidité et les proportions avec laquelle la Russie use de son désir et de sa capacité de destruction. C’est en déshumanisant l’adversaire et en alimentant les ressentiments, couplé à une profonde culture de la violence dans certaines sociétés, qu’on aboutit aux monstruosités qui se déroulent sous nos yeux. L’impérialisme russe n’irait sans doute pas aussi loin sans le carburant de la haine à l’égard d’un pays et d’un peuple tout entier qui a bien plus de ressources pour assurer sa prospérité et son indépendance que le magma insipide condamné à regarder l’évolution heureuse et la réappropriation culturelle de ceux qui lui ont échappé et qui n'ont jamais eu besoin de lui pour exister.

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Oui ! Merci pour ce texte :pray:

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C'est vraiment ça le côté le plus toxique de l'emprise russe. C'est vraiment une entité dédiée à la nuisance, puisant ses forces uniquement dans le ressentiment. Plus le climat en Russie est austère et dictatorial, plus la population qui n'a pas pris ses jambes à son cou embrasse la volonté du tyran. Car quand un peuple n'a plus rien, il ne lui reste que l'idée de grandeur collective. Tous les régimes totalitaires le savent et surfent allègrement dessus. On trouverait sûrement tout un tas de Nord-Coréens très fiers de la grandeur de leur pays, simplement parce que c'est la seule chose qui leur reste. On trouve la même idée chez les musulmans, où la haine anti-américaine et le désir de djihad est proportionnel à l'absence de douceur de vivre et de confort. On trouvait la même idée dans une France post-révolutionnaire ravagée par l'instabilité politique, les règlements de comptes, le sabotage royaliste, la guerre civile et les menaces aux frontières, qui a fourni le sang et la chair pour alimenter la guerre continentale jusqu'en Russie... et l'URSS a juste gardé le même état lamentable d'un peuple habitué au servage au service d'un impérialisme orthodoxe génocidaire dirigé par des Tsars impitoyables et totalement étrangers à la nécessité d'une dignité humaine dans le peuple.

Qu’est-ce au fond que le régime russe, cette sorte d’anachronisme vivant dans l’Europe moderne ? Le tsarisme n'est qu’une théocratie patriarcale, déguisée par la nécessité des temps et l’influence du voisinage en monarchie militaire et bureaucratique.

— L’Empire des tsars et les Russes, Anatole Leroy-Beaulieu

Il faut comprendre que les trous à merdes impérialistes reposent sur un peuple martyrisé afin qu'il soit le vecteur des crimes que le pouvoir veut les pousser à commettre, dans une démarche d'auto-marginalisation ayant pour objectif la marginalisation aux yeux du monde entier. Plus leur peuple a une vie pourrie, plus il est loyal et plus la terreur fonctionne. Plus Poutine va martyriser son peuple et pousser à des sanctions, plus ils vont se persuader qu'il est génial et qu'ils sont injustement attaqués. Bien sûr l'effet inverse peut arriver à un moment, mais encore faut-il qu'une embryon d'opposition puisse exister : or par les assassinats, les politiciens et les officiers russes sont régulièrement purgés pour rester en adéquation avec les désirs du chef d'Etat.

La terreur ne pousse pas à avoir peur de s'affirmer. La terreur a pour effet d'embrasser la volonté du terroriste qui gouverne. On espère inconsciemment se mettre à l'abri du goulag en se mettant en conformité. Ce n'est pas juste de l'auto-censure : ça pousse à ne plus faire la différence entre la volonté du patriarche tyrannique et sa volonté propre. Même phénomène chez les pères violents, sur leurs propres enfants, qui finissent par ne plus avoir d'autre volonté que le désir de ce que le père abusif désire.

La Russie actuelle, ou l'Allemagne nazie en son temps, ce sont des pays avec une population sous emprise qui n'est pas elle-même, possédée par la volonté d'un pouvoir tyrannique et d'une idéologie prévue pour être le plus anxiogène possible. Le grand n'importe quoi avait pour but de renforcer le pouvoir politique interne dans une spirale d'auto-marginalisation nationale vis-à-vis du reste du monde. Il en faut pour mobiliser tout un peuple et lui demander autant. La Seconde Guerre Mondiale a d'ailleurs commencé en 1936 avec la guerre en Espagne, où on a laissé Hitler et Mussolini offrir une aide militaire directe aux criminels nationaux-catholiques de Franco, et en tirer expérience et assurance, sous prétexte qu'une aide directe pourrait mener à une escalade.

Heureusement qu'aujourd'hui, avec l'Ukraine, on se lave de ce que nos arrière-grands-parents n'ont pas fait pour l'Espagne, à cause non pas juste de lâcheté mais des sabotages socialistes, communistes et fascistes dans nos démocraties. La lâcheté est juste un élément qui permet le sabotage, mais les pays extérieurs ont besoin d'agents, de partis politiques, de médias et de lobbies pour diffuser cette lâcheté organisée. Toujours la même promesse que l'expansionnisme d'un tyran à la tête d'un empire de zombies peut se calmer en lui donnant ce qu'il veut ou en ne s'opposant pas. On a littéralement laissé l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste mettre en pièces les Républicains en Espagne, pendant que la Russie soviétique les délestait plus de 600 tonnes d'or en échange d'un armement que d'autres refusaient de leur vendre.

Aujourd'hui on se fout ouvertement de la gueule des Russes par un approvisionnement très généreux en armement. Il est bien plus important que les Russes se cassent les dents sur 1/10e des armées d'Europe pour que s'effondre le tigre de papier (vu qu'ils aiment cette expression) que représente leur armée mort-vivante. Intervenir directement ne pousserait pas forcément à l'escalade nucléaire, mais empêcherait l'humiliation militaire nécessaire qu'il faut pour sortir une partie des Russes du lien de possession mentale qui les poussent à prendre les rêves de grandeur de leur oligarque présidentiel pour les leurs.

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Très intéressant parallèle. En effet, c'est un fondement de la haine contre un peuple : jouer sur le ressentiment et le sentiment de rejet, sans même se demander pourquoi on devrait être accueilli par lui, ni même pourquoi on devrait se rendre chez lui.

Quand un national-globaliste anti-ethnique souhaite dissoudre un peuple récalcitrant, il n'a qu'à le taxer de séparatiste. Ainsi, l'Ukraine est assignée de force à la Russie, et vue comme un territoire séparatiste qui ne peut résulter que d'un peuple méchant ou pris en otage par des nazis. S'il y a séparatisme, c'est qu'il n'y a pas annexion et expropriation. Si les Français sont "racistes", c'est parce qu'il est évident que tous les peuples doivent être entassés et que personne n'est plus chez lui que quiconque car la propriété privée n'existe que pour exproprier l'autochtone séparatiste quand il ne possède plus le lopin de terre sur lequel il vivait tranquillement.

Le national-globalisme russe, comme le national-globalisme antiracial, et comme le christianisme conquérant qui l'a précédé, a un grand projet pour l'humanité. Ceux qui ne veulent pas en faire partie sont russophobes, islamophobes, racistes et nazis.

Notez bien que les Russes ont allègrement financé le gauchisme antiracial qui pourrit notre société, tout en incitant à la haine dans l'autre sens. Donc ça donne une idée du niveau de tartufferie de cet anti-occidentalisme christo-gauchiste qui désigne le blanc comme responsable de la déception des faux bienvenus dont les rêves de réussite migratoire qu'on leur a insufflés par la propagande n'ont pas été satisfaits. Le blanc doit s'excuser à chaque migrant qui ne se sent pas chez lui dans un pays étranger dont il ne connaît rien, et à chaque immigré qui n'est toujours pas millionnaire ni ministre après 10 ans à végéter dans une mégalopole d'entassement.

Pour asseoir son influence, la Russie n’hésite pas à déployer des discours différents selon le public visé. «Les récits xénophobes, anti-migrants et anti-musulmans sont produits à destination d’un auditoire européen, tandis que les appels à la décolonisation et à la fin de l’impérialisme occidental visent l’Afrique subsaharienne et le monde musulman», souligne un rapport de l’Institut français des relations internationale (IFRI).

Le Temps

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Complètement, et c'est d'ailleurs très surprenant de voir à quel point le nazisme larvé au sein de très nombreux Allemands a mis juste quelques décennies à s'évaporer, après une ou deux générations et une période de sevrage (hormis les quelques rebus, les excroissances du nazisme qui se sont développées dans d'autres pays et les individus qui tiennent un discours teintés de germanisme, surtout quand ils considèrent les latins comme inférieurs, moins productifs, plus paresseux). Il est évident que la mort de leur tyran, la fin de l'entretien du ressentiment et l'accès à une véritable prospérité ont beaucoup aidé.

En rédigeant mon post, j'ai complètement oublié de mentionner cet élément important mais le parallèle entre les discours tenus par nos chrétiens et nos communistes entassistes avec la propagande russe accusant la terre entière de russophobie est tellement évident. Je dirais qu'en plus du désir d'entasser tout le monde dans son projet eurasiatique, le Kremlin a sans doute regardé les réactions en Occident sous une petite loupe et a bien pris notes des tentatives d'étouffer toute réaction post-attentats par des appels à ne pas "sombrer dans l'islamophobie". Simplement, ceux qui n'étaient déjà pas dupes le sont encore moins face aux tentatives pathétiques du Kremlin de faire pleurer dans les chaumières. Les individus ne sont pas des blocs monolithiques. En réalité, cette rhétorique de l'impérialisme russe visant à transférer minablement la charge de l'oppression et de la souffrance des ukrainiens qu'il cible aux russes doit mettre de nombreux gauchistes bien mal à l'aise : les rhétoriques de l'aigreur (la fRance rance / L'UkrHaine nazie) et de la phobie à tout va, en plus d'être carrément visibles, sont exactement les leurs.

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Le phénomène islamo-gauchiste et la Russie pourraient être moins séparés qu'il n'y paraît. On sait qu'ils financent ou gonflent par astroturf des choses et leur contraire en Occident, dans le but de créer un sentiment de désunion et d'énervement envers le système, donc baisser le moral et l'adhésion, augmenter les troubles et augmenter leur capital de sympathie vu qu'ils passent après toujours pour "ceux qui ont la solution". On sait que la tête de campagne de l'islamo-gauchisme et des incitations à la haine du blanc n'est rien d'autre que le soutien de Poutine Mélenchon, qui n'a pas hésité à qualifier Poutine de "première victime" de l'assassinat de son rival en politique.

Kadyrov accuse Macron d’être le "chef de file du terrorisme" et la propagande russe en général présente toujours l'Occident comme créateur de terroristes. On peut compter sur eux pour attiser la haine entre les gauchistes de France et les Français très engagés contre l'islam. Ça fait partie de la stratégie officiellement assumée par Douguine et d'autres, et dont traité aussi l'article que j'ai partagé : favoriser les tensions multiculturelles dans la société pour faire passer la Russie pour ceux qui détiennent la solution que le "Système" à l'Ouest ne veut pas autoriser. Ils ne font que booster la fausse politique entre psychopathes de gauche et cinglés conservateurs.

La gauche anti-occidentaliste et les conservateurs conspi sont tous les deux de la dissidence : en les favorisant, la Russie alimente une fausse opposition entre deux entités fondamentalement ennemies de l'Occident, dans une culture de la fausse alternative très bien connue en URSS, avec le concept d'opposition contrôlée etc. Ils aident les deux camps de bourgeois blancs sociologiquement et anthropologiquement ennemis de l'Occident.

Dans une société qui a la culture de l'autocritique, il est extrêmement facile de taxer toute forme d'occidentalisme instinctif et spontané comme une haine du reste du monde, un trip ultralibéral-anarcap-monsantoesque, du satanisme new-world-order... Beaucoup de dissidents de gauche et conservateurs pensent carrément que les élites occidentales sont satanistes.

Les bourgeois sur la touche qui ragent à la fois contre le succès de l'hyperclasse et contre le bonheur du prolétaire sont un parfait vecteur pour la propagande du Kremlin à destination de l'Occident.

La Russie est une entité entièrement dédiée à la nuisance, puisque sa raison d'être est la domination du monde, et que cet objectif est hors-d'atteinte. Du coup ils sabotent tout ce qu'ils peuvent pour avoir le maximum de troubles et d'indifférence en cas de conflit comme en Ukraine. Et ça se vérifie quand même pas mal : si les réactions ont été très positives, le nombre de gens qui ne disent rien ou ragent contre le soutien occidental à l'Ukraine est quand même impressionnant. Une telle agression devrait faire l'unanimité, et on se retrouve avec des défenses modérées de Poutine dans un relativisme absurde.

Les gauchistes ont globalement l'air énervés contre le flux de vrais réfugiés, relativistes face à la guerre en Ukraine, et leur soi-disant grande moralité les a autorisés à massivement voter Mélenchon qui est peut-être le candidat français pro-Poutine le plus zélé de toute l'élection.

D'une façon générale, l'être humain ne remet pas en question un système sans avoir au moins une vague idée de ce qui existe déjà et qui est mieux. Tout cet anti-occidentalisme de gauche et conservateur a toujours innocenté la Russie. Tous ces conspirationnistes soi-disant spontanés qui imaginent des complots de la CIA partout n'ont jamais rien mis sur le compte du FSB (ex-KGB). Il n'y a rien d'honnête ni de grassroot dans toute cette sédition dont les canaux de diffusion sont finalement peu nombreux et tous tenus par des personnes qui n'ont jamais critiqué la Russie.

Pour la gauche anti-occidentaliste, la colonisation était le pire des crimes mais l'annexion des voisins n'a jamais été un problème. Je ne les ai jamais vus célébrer l'indépendance des pays libérés du joug de l'URSS ni condamner l'ingérence et les intérêts économiques russes en Afrique et en Asie. On a vu des femmes ukrainiennes donner énormément d'énergie à des groupes de féministes de gauche à l'Ouest, mais je n'ai jamais vu aucune gauchiste s'intéresser aux problématiques de ces femmes isolées politiquement.

Toute critique non-constructive de l'Occident est une apologie indirecte de la Russie et de la Chine. Les conservateurs conspirationnistes sont l'arbre qui cache la forêt des gauchistes pro-russes. Il faudra être attentif aux affaires de ceux qui se font prendre, parce qu'il va y avoir des enquêtes. Même si c'est facile de brouiller les pistes de financements indirects et que tout le monde n'est pas con au point de directement emprunter à la Russie comme les conservateurs, je sens qu'on va découvrir des choses qui exploseront le mythe de l'anti-occidentalisme spontané.

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Même constat de mon côté, et c’est sans surprise ceux qui sont les plus empêtrés dans des considérations anti-occidentales voire pro-Poutine qui gesticulent de tous les côtés pour brosser la Russie dans le sens du poil et accuser l'Occident et les Ukrainiens de tous les maux.

Il y a eu aussi les saboteurs d’élans solidaires qui ont pitoyablement chialé devant le désir des Européens de soutenir leurs frères Ukrainiens en comparant l’aide qui leur était apportée avec celle apportée aux Syriens ou à l’égard des “réfugiés” qui n’en sont pas. Non seulement ils voulaient nous culpabiliser d’aider les Ukrainiens, (ils ne s'attendaient probablement pas à une telle fraternité alors même que, de concert avec les conservateurs, ils ont tenté de miner la reconnaissance de l’ennemi soviétique pendant des années) mais ils ont également cherché à nous dépeindre une image dépréciative des Ukrainiens avec ces histoires de noirs interdis de prendre des trains alors que la très grande majorité d’entre eux n’avaient pas la nationalité ukrainienne et pouvaient donc prendre contact avec leurs ambassades respectives pour rentrer chez eux. On a compris qu’à leurs yeux, cette fraternité ne pouvait être qu’une fraternité de peuples racistes et aigris à l’égard d’un autre peuple raciste et nazi.

J’imagine que parvenir à mettre en place l’Internationale a un prix : celui de la volonté des peuples. Finalement, les manifestations pour l’indépendance qui se sont succédées durant la Guerre Froide sont placées sous silence. Les communistes ont toujours vu la libération des peuples assujettis et les révolutions de couleur comme un détricotage de l’URSS ainsi que la seule victoire du capitalisme qu'ils détestent tant, et rien d’autre. La liberté des peuples à s'autoderterminer est optionnelle

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J'ajoute juste une anecdote : à côté de cette énième fait de convergence des luttes gauchistes et conservatrices en défaveur des pays occidentaux, une chose m'a frappée : l'adhésion zélée de l'asile souverainiste à la cause poutinienne. Le souverainistes, vous savez, ceux qui prétendent défendre le principe de souveraineté nationale :upside_down_face:

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