Les Français sont des doomers insupportables

Plus j'avance dans la vie, plus je suis tannée par le pessimisme des français. J'ai vraiment l'impression que dans ce pays, on est infiniment mieux vu si on tient des propos désespérants à l'extrême que si on évoque des perspectives d'avenir. Ce n'est pas un phénomène nouveau mais j'ai de plus en plus l'impression d'être une étrangère dans mon pays lorsque je vois à quel point il est normal de hurler des discours qui peuvent se résumer à "ON VA TOUS CREVEEEEER".

Dans n'importe quelle communauté humaine, c'est interdit de se comporter de la sorte. C'est vu comme une malveillance à réprimer ou comme une incontinence à soigner. Les discours de doomers, ces discours qui ne donnent pour vision du futur que la damnation, la destruction, la mort, le néant, ne ressemblent qu'à deux choses sur terre :

  • le monologue intérieur d'une personne sur le point de commettre un suicide
  • la propagande d'idéologies de mort cherchant à pousser des gens à commettre des attentats au nom de l'idéologie en question

Quelques exemples récents sur lesquels je suis tombée sans chercher. C'est souvent à propos de l'écologie, mais pas que.

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Pendant ce temps, les Ukrainiens qui vivent sous les bombes et sont ciblés par de graves violations des droits humains ne se permettent pas le quart de cette incontinence émotionnelle.

Je n'ai vraiment aucune compassion pour tous ces gens qui mettent leur énergie et leur temps de parole médiatique à détruire le courage des autres, à pousser les gens dans des tunnels de désespoir.

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Et regardez ces chiffres que j'ai trouvés. Les français, bon sang ...

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En France, la désesparation criminogène est vue comme la seule façon d'être profond et d'avoir l'air concerné. On fait trop souvent passer les gens qui ne s'épanchent pas dans la négativité stérile pour des personnes superficielles, niaises ou des bisounours. Résultat : une ambiance de merde où prospèrent les rabat-joie, les insatiables et les peines-à-jouir.

Je suis d'aileurs choqué que des gens trouvent que le problème des gauchistes soient d'être "trop bisounours". Je trouve au contraire que ce qui est terrifiant et morbide, c'est de sonder l'âme d'un mélenchoniste. Il n'y a que noirceur avec pour l'issue le suicide ou l'acte terroriste. Au point que l'idée qu'il soit déjà trop tard pour sauver la planète de sa destruction inévitable par les ordures bipèdes que nous sommes soit une pensée religieuse très répandue chez eux dans leur haine générale du genre humain.

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Oui. Quelle que soit leur idéologie, on a affaire à d'authentiques ennemis du genre humain. Les doomers sont les pires saboteurs de chacune des causes qu'ils prétendent défendre.

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(Et j'assume : je prends chaque propos de doomer comme une agression envers moi et envers toute personne qui entendrait ce propos)

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Premier pays consommateur d'anti-dépresseur, la dépression et le pessimiste son deux choses différentes certes, mais sur un sujet comme le futur ça en dit déjà long sur la mentalité.

Personnellement passer de pessimiste à optimiste sur la vie en général et d'autres sujets importants m'a permis de rétablir une bonne santé mentale et je pense que ça peut profiter à beaucoup de gens.

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Je me souviens de ce jour où j'ai vu, sidérée, le tweet de Florence Porcel. Au delà de la sympathie que j'ai pour elle (viol de PPDA, harcèlement de la Ligue du LOL...), je l'ai toujours trouvée passionnante et très investie dans ses démarches de vulgarisation scientifique. Même si je sais fort bien qu'il y a des hurluberlus dans les communautés scientifiques, j'avais pas envisagé une seule seconde qu'elle puisse sortir un tweet pareil. J'ai halluciné. Elle était si sincère avec ses gros caractères, son "on va tous mourir dans d'atroces souffrances". Ca sortait vraiment des trippes...Tout ça pour nous dire d'ailleurs, qu'elle comptait voter Mélenchon....De mauvaises séries ou qui ont eu la saison de trop ont eu des épilogues bien moins tordus.

Le pessimisme français, c'est quelque chose. Et là, on a dépassé un cran du pessimisme habituel. Les "c'était mieux avant", les "faut tout changer dans ce pays" suivis des "ha non mais pourquoi ils veulent tout nous changer eux", étaient encore "supportables". Là, c'est du millénarisme. Et des commentaires similaires à celui qui nous affirme que nous ne verrons plus jamais de médecins, j'en lis et j'en entends tous les jours. On dirait une nouvelle version de l'âge d'or, comme si rien ne pourrait être aussi bien que ce qu'on a connu. Franchement, je veux bien une étude pour me prouver que les français n'ont jamais été les ronchons qu'ils sont durant les 30 Glorieuses.

J'avais vu une émissions à la TV, juste avant les élections présidentielles où il était question de l'énergie et du nucléaire. Ne me demandez plus laquelle ni avec qui, j'ai oublié, et c'est une bonne chose car on dirait que le sport de certains, c'est de ronchonner sur le temps et les moyens nécessaires à tout projet et constructions d'envergure. "Ca va prendre combien de temps", "Et avec quels moyens vous comptez faire ça hein ?". J'étais blasée. Avec ces types là, jamais le projet du Viaduc de Millau n'aurait vu le jour. Et si on le leur rappelle combien de temps il a fallu à sa construction, quel retentissement mondial cela a été, ils s'en serviront pour râler de nouveau et rouspéter "oui mais c'était avant, maintenant tout est foutu".

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Ces stats IPSOS sont saisissantes. Le -47 % de la colonne Net Adults pour la France signifie que la quasi-totalité de la catégorie adultes se sont déclarés pessimistes. La quasi-totalité ! En statistique et en général, c'est ce qu'on appelle une aberration.

Et je vous rejoins, c'est davantage que du pessimisme. C'est autre chose. Je connais des pessimistes qui savent très bien être heureux. Il y a même des pessimistes qui savent être drôles et font de grandes carrières de stand-up. Si vraiment on ne croit plus en l'avenir, il est d'autant plus facile de lâcher prise. Il devient facile de se sentir libre, non tenu par les exigences du lendemain, et de décider de s'en foutre et d'embrasser l'instant présent, de s'adonner à la sensualité, à l'hédonisme, ou de consacrer sa vie à produire de belles choses, quitte à catalyser tout son pessimisme débordant pour monter un groupe de darkwave comme Lebanon Hanover, ou tout ce qu'on veut, du moment qu'on ne fait pas chier le monde... Doomer est un terme qui convient déjà mieux. Le doomsday, c'est l'idée à peine sécularisée de l'apocalypse, de la fin du monde. Cette attitude des Français ressemble effectivement à du millénarisme. Sauf que les prophètes de la fin du monde, en général, s'en réjouissent et sont persuadés d'annoncer un moment de grande justice divine qui va déferler sur la terre entière, changer la donne et récompenser les plus bons et les plus méritants. À mon avis c'est donc encore autre chose.

Là, c'est un millénarisme de grands anxieux et de mélancoliques. Un millénarisme détaché de la notion chrétienne d'espérance, et détaché de sa version de gauche sécularisée : la foi en des jours meilleurs, des lendemains qui chantent, l'abolition des classes sociales, le partage des richesses entre frères en gauchisme, etc. — en somme l'idée de plus en plus dévoyée qu'ils se sont fait du progrès.

Et c'est bien ça qui, personnellement, me rend optimiste. Nous assistons à l'effondrement de l'idée christo-gauchiste du progrès. C'est l'agonie du christo-gauchisme. Ces -47 %, ces légions de doomers, c'est le sentiment déchirant de vide intérieur d'un peuple en pleine mue, en train de se défaire des sornettes christo-gauchistes qu'il s'est mangé pendant tout le XXe siècle. C'est le rejet dans la douleur de tous ces reliquats intériorisés de catholicisme stérilisateur et mortifiant qu'on lui a inculqué pendant quinze ou vingt siècles.

Chez ceux qui arriveront à parcourir le chemin jusqu'au bout, le sentiment de vide ne sera que transitoire.Je pense que ce qui est arrivé à RECarms, qui a fait l'expérience précoce de tellement d'aspects dingos et pathologiques du christianisme qu'il y a trouvé la motivation pour apprendre à définitivement s'en passer. Les autres, ceux qui n'auront pas la chance de s'extraire du carcan mental chrétien mourront aigris et vont nous laisser enfin respirer.

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Je vais rebondir là-dessus pour faire par de ma relation avec la chrétienté:

Moi je suis né dans une famille dite "chrétienne" avec parfois des contacts traditionalistes mais pas trop pratiquante par rapport à la moyenne des autres familles que j'ai pu découvrir dans ce "milieu".

Parallèlement quand j'étais petit j'ai eu la chance d'être exposé à de nombreux documentaires scientifiques, du genre animalier moderne ou préhistorique, historiques, technologiques etc...
De quoi avoir une bonne culture générale par rapport à d'autres gamins, sans me vanter. Donc naturellement j'ai appris des trucs qui n'était pas compatible avec les dogmes chrétiens et j'ai pris goût à la science mais quand on est gamin on s'en fout un peu on continu quand même de faire comme les grands nous disent faire: la petite memesse, la petite prière, réciter des trucs etc... qui au fond non pas vraiment d'importance pour un gamin, c'était une contrainte sans plus.

Pendant longtemps j'ai ignoré les problèmes de la chrétienté, ignoré cette religion et les contraintes, mais aussi comme toute famille conservatrice moyenne on était anti-immigration (à juste titre). Cependant comme beaucoup d'adolescents de nos jours j'ai eu une période de "fascination pour le fascisme" en effet secondaire, le niveau 0 de la politique quand j'y repense.

En grandissant j'ai arrêté les clowneries fascistes et je suis progressivement devenu libéral (ça a prit quelques années quand même) puis j'ai découvert l'occidentalisme qui m'a plu.

Dans la "fachosphère" on entend toujours des trucs du genre "la seule solution c'est la guerre civile" ou des gens qui font part de désespération face au grand remplacement, une forme de "doomerisme" conservateur.

C'est aussi plus récemment que j'ai décidé d'assumer de rejeter le christianisme, je pouvais juste plus faire l'exercice de double pensé sur le sujet comme quand j'étais petit.

Et débat après débat de famille (Scientifiques et philosophiques) j'ai compris que certains refusaient simplement de quitter les dogmes. Le moment ou j'ai vraiment eu le déclic c'est quand j'ai eu un débat avec un membre de ma famille sur la "morale chrétienne", c'est passer de "la société ne peut marcher correctement qu'avec une morale chrétienne" (mdr) à "Si tous les hommes étaient chrétiens il n'y aurait plus de problème sur terre" (quelque chose comme ça) et plus j'ai écouter son argumentaire j'avais l'impression de voir un soviétique me parler de la nécessité du "nouvel homme collectiviste" mais version chrétienne, "le nouvel homme chrétien" en gros, c'est à ce moment que j'ai compris qu'idéologiquement c'était une religion dangereuse et qu'il y avait une boite de pandore mentale dedans.

J'espère ne pas être trop brouillon quand j'en parle mais ça fait du bien de pouvoir se confier, en tout cas ça fait plaisir de savoir que je vais débuter la vie sans être dans la mentalité du "doomer" (j'ai que 17 ans). Hésiter pas à faire part de vos anecdotes sur le christianisme si vous y trouver de l'intérêt je suppose que ça peut toujours être intéressant. D'ailleurs j'y pense, c'est toujours utile de pas passer pour un con face à un pro-chrétien qui sort des arguments éco+ du genre miracle random pour se conforter ou bien les fameux "la chrétienté c'est l'identité de l'Europe" et autre "il faut défendre la chrétienté pour lutter contre le grand remplacement" pour se légitimer donc si vous avez des arguments contre eux je suis preneur, ça peut toujours être utile pour tout le monde.

(PS: j'espère ne pas être trop hors sujet donc hésiter pas à déplacer ça sur un autre topic)

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Les réactions sur ce topic sont excellentes. C'est très plaisant d'avoir ton témoignage, ton parcours.

Pour les débunkings des mensonges chrétiens, il faut faire attention à ne pas être absorbé dans des gouffres avec eux. Mais effectivement avoir au moins des arguments pour plus facilement rejeter de son esprit les voix que ça doit faire à ceux qui ont été élevés dans cet environnement, ce sera appréciable. J'ai dû me fermer aux injonctions au débat par des trolls parce qu'on y passe très vite tout son temps et qu'on ne fait rien. Mais les débunkings sont essentiels pour guérir des idées martelées absurdes et de l'ombre émotionnelle qui entrave la liberté de pensée.

Essaye de repenser aux affirmations qui reviennent souvent, garde-les et on inaugurera une rubrique débunkings où on pourrait développer cette forme d'entraide, parce que ces idées qui reviennent tout le temps, ça me facilitera la tâche de les voir. J'ai envie de faire des dépliants virtuels pour les balayer. Ça permettra de ne pas juste en parler, mais d'avoir une fiche pour avoir en tête le principal ou les principaux arguments. Ce serait bien si on pouvait libérer des gens de cette plaie qu'est le monodogme chrétien ou néochrétien.