Les mauvaises conditions des doctorants (Livre à sortir en debut 2022)

Hey :wave:

Je pense ce livre pourrait sans doute intéresser les anciens et nouveaux étudiants.
L’auteur partage plus d’info sur son compte twitter @vies_de_these

https://livre.fnac.com/a16329605/Adele-B-Combes-Comment-l-universite-broie-les-jeunes-chercheurs

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Le sujet est intéressant :+1:

Je mets le lien de son compte twitter pour qui veut jeter un œil :
https://twitter.com/Vies_de_these

La quatrième de couverture me rappelle bien des souvenirs. J'ai vu tellement de gens brillants engloutis par la dépression, pendant mes études dont la finalité était la recherche ... J'en ai été écoeurée. Je ne regrette pas ma fuite. Je crois qu'il y a de nombreux facteurs en jeu en plus de la question des moyens alloués à la recherche.


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Oui, le problème est qu’il y a des gens (directeurs de thèse ou administratifs) qui voient le doctorat comme une sorte de période de souffrance nécessaire, avec une rédemption plus ou moins certaine à la fin.

J’ai une amie à Lyon, qui a aussi arrêté sa thèse (financée) 4 jours après avoir commencé.
Elle est allée 2-3 jours dans le centre de recherche de l’université, et a tout de suite compris qu’il fallait vite partir de cette endroit ultra-toxique.

Je ne l’avais pas suivi en thèse parce que ça puait violent. Du coup je passe l’expertise comptable à l’étranger, et sans souffrir.

Une thèse c’est une thèse, et ce n’est pas fait pour souffrir.

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Ah, la mentalité doloriste dans la recherche en France ... Non seulement c'est très ancré, mais en plus, c'est entretenu par des anciens qui n'ont objectivement pas connu des conditions aussi difficiles, à base de précarité, d'innaccessibilité des logements et d'incertitudes concernant la suite de la carrière. Pour beaucoup, faire de la recherche en France, c'est ramer dans la misère pour ne même pas avoir de carrière décente au bout de 10 ans d'études + début de carrière. Les plus anciens te disent que c'est normal de galérer, mais n'ont pas connu le dixième de tes galères, et eux galéraient avec davantage de garanties concernant la suite de leur carrière. Au passage, qu'on m'explique comment on fait pour avoir des enfants dans ce contexte, à moins d'être assez fortuné pour disposer d'un important personnel de maison.

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Merci, le sujet a l'air très intéressant, j'essaierai de me procurer ce livre. Pour pouvoir pratiquer la médecine, être thèsé est obligatoire, donc je ne pourrais malheureusement pas y echapper ; le pire est que la thèse se prépare dès l'internat, où l'on doit être présent en moyenne 60h par semaine à l'hôpital, le tout pour un salaire souvent bien inférieur au smic horaire :woozy_face:. Cette mentalité doloriste dans l'enseignement supérieur est vraiment malsaine, tout les ans on entend parler de suicides d'internes, en burn out à cause de toute cette pression, et ayant sombré dans la dépression...

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Dans le cas de la médecine j'ai l'impression qu'il y a non seulement une culture doloriste, mais aussi une peur de voir évoluer le profil et le mode de vie des médecins. Certains ont du mal à accepter que le modèle du médecin homme qui fait des tonnes d'heures (grâce au travail inivisible d'une épouse dévouée au foyer) est dépassé, et que ce n'est pas une catastrophe que la profession se féminise et que les jeunes n'aient pas tous envie de se crever à la tâche. Mais pour accepter ça il faut aussi accepter le faut d'augmenter le nombre de médecins, et ça c'est pas gagné. Il y a une sorte de croyance magique selon laquelle si un système ne repose pas sur les épaules de travailleurs en surchauffe, ce ne serait pas un bon système.

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C'est tout à fait vrai, même si la profession se féminise beaucoup (dans ma promo il y a 65 pourcents de femmes). Mais il reste encore beaucoup de problèmes liés au inégalités Homme-Femme, par exemple les spécialité médicales les plus réputées, les plus contraignantes et qui rapportent le plus ( chirurgie, cardiologie, radiologie,...) restent très masculines, tandis qu'on retrouve beaucoup plus de femmes dans des spécialité comme la médecine générale, la pédiatrie, la psychiatrie, qui sont vu comme des spécialités plus "féminine", qui sont liées aux stéréotypes de la femme qui serait forcément plus calme, plus douce, plus habile avec les enfants,... De plus, ces spécialités sont beaucoup moins bien payées que les autres. La question des femmes en médecine est un vrai sujet qui reste d'actualité, dès les études il y a des problèmes de sexisme ( dans ma fac, un chef de TD est accusé par de nombreuse étudiantes d'être un harceleur, et il n'y pas plus de trois semaines, une étudiante à été droguée au GHB pendant une soirée organisée par le BDE)

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