Les prêches culpabilisantes de Natacha Polony

Dans la catégorie "j'ai les yeux grand fermés", le discours que développe Natacha Polony à longueur de vidéos a quelque chose d'époustouflant. Elle a visiblement une connaissance détaillée des problèmes engendrés par la présence massive de la pensée musulmane, et notamment au sein de l'école publique. Elle est du genre à se pencher sur des rapports d'inspecteurs de l’Éducation nationale sortis il y a deux décennies, et à se référer à telle ou telle circulaire ministérielle. Mais ça ne fait que rendre d'autant plus incongrue son analyse des responsabilités, et encore plus affligeantes les "solutions" qu'elle voudrait nous prescrire. Extrait de son sermon du mois dernier sur l'assassinat de Samuel Paty :

Natacha Polony dénonce d'abord, à sa manière (et 4 mois après Solveig Mineo) la laïcité œcuménique, cette forme neutralisée, mollassonne qui « serait juste le fait de pouvoir cohabiter ensemble entre croyants et non-croyants », et la façon dont cette laïcité molle a pénétré les esprits non seulement des élèves, mais aussi des profs. Jusqu'à là, très bien. Vous vous attendiez à ce que l'étape suivante de son raisonnement consiste à identifier un minimum les acteurs responsables ? Les dignitaires religieux ? Les masses de pratiquants sur lesquels ils peuvent s'appuyer ? Les hommes politiques qui les ont invités sur le territoire ? Ce serait mal connaître la frange gaucho-réactionnaire du centrisme français et son attachement désespéré au paradigme de l'assimilation.

Car chez les tenants du projet assimilationniste, on ne se contente plus de vouloir rééduquer des populations à travers l'école publique. Forts de leur constat d'échec de cette politique, c'est désormais leurs professeurs qu'ils voudraient aussi rééduquer. Et sans jamais douter de rien. Sans s'arrêter un seul instant pour s'interroger sur la voie sans issue sur laquelle ils s'engagent avec un acharnement de plus en plus ridicule.

Et puisqu'ils s'interdisent par conviction idéologique de bien nommer les choses pour correctement cerner le problème, ils sombrent à la place dans un discours auto-culpabilisant, limite europhobe et franchement grotesque. Ils croient percevoir un « problème d'inculture généralisée ». Ils montrent du doigt « une part de plus en plus importante des citoyens français ». Ils finissent par mettre en cause « l'ensemble de la nation ». Et la conclusion de leurs errements est fatalement du même acabit : « "le relativisme est partout, l'abandon est partout :weary: ». Repentez-vous, les citoyens français, tas d'incultes obscurantistes !

Car il est bien évident que si Abdoullakh Anzorov a décapité Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, c'est d'abord à cause d'une imprégnation culturelle profonde !

Si Abdelhakim Sefriou est entré dans le bureau d'une principale de lycée pour exiger le renvoi de Samuel Paty, c'est le symptôme d'un problème généralisé.

Si Mohammed Henniche, le responsable d'une mosquée aux portes de Paris a diffusé une vidéo qui calomniait Samuel Paty, c'est parce que le relativisme est partout.

Et peut-être avant tout chez les centristes.

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