Restrictions sur les plantes OGM par l'Union Européenne

Je me baladais sur youtube et j'ai regardé une petite vidéo sur l'ingénierie génétique (The Exciting Future of Genetic Engineering - YouTube) à un moment on y voit une chercheuse s'exprimer sur ses recherches dans le milieu des cultures OGM, en dépit d'être une avancée prometteuse pour notre nécessaire adaptation alimentaire face au réchauffement climatique (Les cultures naturelles sont plus fragiles et moins adaptatives face aux changements pour résumer) L'union a établi des restrictions pour des raisons médicales et éthiques, je ne vais pas dire qu'il ne faut pas prendre en compte les effets sur la santé de certains des produits, au contraire, mais je trouve que faire des restrictions (donc indirectement ou directement sur la recherche) est contre-productif à la fois sur le plan médical (on peut toujours continuer d'innover pour rendre les produits inoffensifs pour la santé) que sur le plan alimentaire, plus largement nous risquons de nous priver d'une technologie jeune avec un intérêt stratégique
important, face à d'autres entités politiques, elles sans restrictions, qui attireront les scientifiques du secteur et auxquels nous risquons au pire la dépendance (sachant que cette fois ci les recherches ne s'effectueraient pas forcément comme nous le voudrions).

C'est pourquoi il faut espérer que les restrictions sautent à l'échelle étatique et européenne pour que nous innovions dans le secteur à nouveau et ce le plus rapidement possible pour ne pas avoir un trop grand retard, ça peut faire la différence pour que les européens est une vie meilleur face aux dangers et enjeux de demain.

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Je connais mal les restrictions et le verrouillage des recherches sur les OGM au sein de l'UE. Je ne me risquerai donc pas à des affirmations. En revanche, je peux émettre l'hypothèse, qu'il me faudra vérifier bien sûr, que les récentes preuves du travail de sape des verts, à l'échelle européenne, concernant la dépendance énergétique au gaz, et les exigences/menaces à l'égard des pays développant leur filière nucléaire (comme la Pologne) est une piste à suivre. Des concessions monumentales ont été faites à ce groupe politique qui, conjointement avec les conservateurs et catholiques réactionnaires, n'a de cesse de tirer les pays européens vers la régression.

OGM, technologie CRISPR....Toutes les évolutions majeures sont freinées par de véritables réac. Très franchement, je ne vois même pas où sont les questions éthiques concernant les OGM alimentaires quand on sait que de nombreux fruits et légumes que nous mangeons sont déjà issus de la manipulation génétique et de la sélection. Il est tout à fait possible d'encadrer sans restreindre.

On attend toujours les condamnations des faucheurs volontaires qui sévissent et ruinent des espoirs de résistance alimentaire face aux maladies, nuisibles et aux aléas climatiques, alors même que nous constatons à peine, l'importance d'une agriculture prospère et d'une agronomie efficace. Il règne une véritable loi du silence, y compris au sein de l'INRAE, qui n'ose même pas mettre en avant ses recherches sur l'édition des génomes.

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Oui, je pense qu'il faut faire tomber le tabou sur les recherches en génétique, il faut laisser les scientifiques parler librement et pas jouer le jeu des indignés professionels.

Après je tiens à dire que je suis pas un expert en legislation européenne non plus et que toute précision, est souhaitable mais plus généralement on peut en déduire que si l'utilisation d'un produit est interdite très rapidement quelque part alors les recherches sur le produit se feront ailleurs, et c'est le danger, en plus de ne pas bénéficier pleinement des avantages de la technologie bien entendu.

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Je vais être franc : je suis anti-OGM par méfiance, mais aussi pour avoir détaillé les menées de Monsanto, que j'ai quand même pu voir de visu au Paraguay (un des plus grands usagers, malgré l'interdiction officielle : les semences sont importées en contrebande massive, sous forme de sacs blancs sans aucune mention), dans l'ouest du Brésil et dans l'est de l'Argentine.

A côté de ces saloperies juridiques (les textes rédigés par les services de la marque et proposés par Jean-François Copé) qui asservissent les petits agriculteurs, et que tout le monde devrait condamner, j'avoue ne jamais avoir trouvé clair l'argumentaire des écolos contre les OGM ("la manipulation génétique s'étend à l'organisme animal"). Est-ce que quelqu'un d'entre vous pourrait avoir la gentillesse de m'exposer impartialement A LA FOIS les théories des écolos - qu'encore une fois, je trouve peu claires -, et les éventuels arguments qu'il y aurait pour les réfuter.

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Il faut naturellement nous protéger des dérives malsaines des compagnies malhonnêtes (j'ai entendu parler de vente de semences stériles, à des agriculteurs indien par exemple mais je suis pas 100% sur). Pour moi la meilleure option pour répondrer à la demande et à la future crise serait de créer une fillière Européenne de l'OGM qui correspondrait à nos attentes, après tout on peut modifier génétiquement de pleins de façons différentes, cette technologie est jeune et doit donc être devellopée d'avantage.

Par contre si on fait rien on risque la dépendance aux autres qui pourrons nous vendre leurs produits de m****...

Pour finir avec l'aparté sur "l'écologie de gauche":

Moi je parlais des plantes OGM à la base mais sur cette phrase je vois typiquement le végan qui serait contre l'utilisation des animaux de laboratoires, notament l'utilisation de cochons modifiés avec des organes humain-compactible, personnelement sur ce sujet de santé je suis plus favorable à l'utilisation de cellules souches combinées à l'utilisation d'imprimantes biologiques, je trouve ça plus pratique mais je vais pas trop métaler la dessus. Les animaux même dans l'exploitation doivent être traités dans les meilleurs conditions si possible.

Après pour l'écologie gauchiste il faudrait faire un autre topic, j'ai une très mauvaise opinion d'eux ils sont la tumeure de l'écologie, ironiquement ils jouent parfaitement le jeu des grandes multinationales des énergies fossiles avec la doctrine que je qualifierais de culpabilisation des gens normaux qui permet de camoufler leurs méfaits.

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Salut DomTower, j'ai mis un :black_heart: à ton message car examiner les arguments opposés à une idée qu'on défend me paraît une très bonne habitude — même si je pense que tu nous en demandes beaucoup d'un coup ! N'étant pas du tout assez calé en la matière pour dérouler les argumentaires pro- et anti- d'un coup, je me dis qu'on pourrait essayer de débroussailler le terrain ici. J'ai consacré du temps ces derniers jours à me documenter sur le sujet, j'en reviens avec 3 grosses pages de notes (je ne pensais pas me faire happer comme ça, mais c'est un sujet assez fascinant !), que j'essaierai d'organiser en quelque chose de lisible.

Pour cela je me suis essentiellement plongé dans deux sites web, tous deux aussi partiaux :

  • Inf'OGM, qui milite de façon transparente contre les OGM en général, d'un point de vue teinté de pensée de gauche anticapitaliste. Ce site a le mérite de produire des articles bien documentés. La plupart sont signés par Eric Meunier (biochimiste de formation), Christophe Noisette (licencié en philosophie), et par Charlotte Krinke (employée du site traitant des aspects juridiques des biotech) ;
  • The Genetic Literacy Project, un site américain financé par d'odieuses fondations capitalistes et même ponctuellement par Bayer (propriétaire de Monsanto), qui œuvre ouvertement en faveur des OGM et des biotech en général. Ce site est tenu par Jon Entine, qui est notamment l'auteur de deux livres s'intéressant aux questions de génétique des races humaine (Taboo: Why Black Athletes Dominate Sports and Why We’re Afraid to Talk About It et Abraham's Children: Race, Identity and the DNA of the Chosen People) : autrement dit un parfait hérétique.

La première chose que je tire de ces lectures : le terme d'« OGM » est fondamentalement inadapté à la description, donc à la compréhension de la réalité. Il semble d'ailleurs que ce terme piégé ait été inventé et imposé par les environnementalistes (les réactionnaires de gauche qui s'opposent par réflexe à tout ce qui est industriel ne méritent pas qu'on les qualifie d'écologistes), afin de mieux servir leur propagande. Et ces environnementalistes cherchent à faire valoir une définition aussi large que possible du terme OGM, qui s'applique à la fois :

  • aux plantes obtenues par transferts de gène d'une espèce à une autre (la transgenèse, une technique mise au point dans les années 1990) ;

  • à de nouveaux types de plantes dont le génome est édité avec grande précision par les techniques plus récentes :

    • Crispr/Cas9 étant la dernière en date ;
    • auparavant, la technique de mutagenèse par oligonucléotides était aussi précise (ciblée) que Crispr, mais moins riche de possibilités ;
  • mais aussi, de façon rétroactive, aux plantes qu'on obtient par des mutations complètement aléatoires induites en les exposant à des rayons gamma ou des rayons X, une technique assez bourrine datant des années 1960.

On voit bien la totale inadéquation du terme d'organisme génétiquement modifié, et que cette inadéquation autorise ces élargissements répétés de sens, sans limite objective. Au fond, chaque être né par la reproduction sexuée, procédé qui comprend une phase de recombinaison génétique, est génétiquement modifié. Chacun de nous est un OGM aussi. Quelle limite fixent alors les environnementalistes à cette définition ? La nature, évidemment. La nature qu'ils tiennent pour foncièrement sage et omnisciente. Les auteurs d'Inf'OGM écrivent ainsi des choses comme :


https://www.infogm.org/qu-est-ce-qu-un-ogm


Il faut donc bien noter que cet élément central du lexique réactionnaire anti-biotech, le terme « OGM », est entièrement fondé sur le sophisme de l'appel à la nature.

Pour se donner une aura scientifique, les environnementalistes parlent parfois de PGM (plantes génétiquement modifiées) et d'OVM (organismes vivants modifiés), mais le problème reste le même.

Pour rire un peu, souvenons-nous qu'avant que ce terme d'OGM ne fut imposé comme objet de crainte et de détestation, les environnementalistes aimaient faire peur en brandissant le terme (presque aussi imprécis) de « transgénique ». Exemple, ce livre, qu'on trouve encore en librairie :

fnac.com - livre le trangénique 4

https://livre.fnac.com/a859820

La peur de l'inconnu, le refus-réflexe du changement, le rejet de toute technique, c'est toujours un bon filon pour capter l'argent des gogos...

J'aurais aimé finir ce post en proposant un lexique qui catégorise les biotechs de façon plus objectives, hélas je n'en suis pas encore là. À part les différentes techniques d'édition de génome listées plus haut (transgenèse, mutagenèse, Crispr, etc.), mais je ne suis certain que ces catégories suffisent à trier le bon grain de l'ivraie. Une technique donnée permettrait par exemple d'éradiquer des espèces entières de mouches et de moustiques vecteurs de maladies mortelles (qui le regretterait sinon Aymeric Caron ?), mais l'emploi de cette même technique serait également envisagée pour éradiquer des mammifères jugés nuisibles à l'agriculture, y compris des chats sauvages, si on en croit les auteurs d'Inf'OGM, qui jugent cependant inutile de sourcer une affirmation aussi dérangeante. (www.infogm.org/7051-forcage-genetique-de-humanitaire-a-agriculture) « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme », etc. Ceux qui s'opposent par principe à la recherche et au développement des sciences génétiques et à leurs techniques d'application en agronomie, ceux qui souhaitent toutes les faire interdire en Occident tiennent les européens pour des peuples incapables de discernement, incapables de prise de décision réfléchie, mesurée, raisonnable, incapables d'évaluer, de ré-évaluer et de corriger si besoin leurs actes et leurs conséquences.

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Un immense merci à toi, Lucas, étant bien conscient que ce lobng exposé est le fruit de lectures plus longues encore. Je me retrouve un peu à mon impression de départ : au fond, il n'y a pas de raison de s'obséder de ces OGM. Ce qui m'avait frappé dès le début, ce sont deux choses : l'absence de clarté (non seulement vis-à-vis de moi, mais surtout vis-à-vis d'eux-mêmes) de mes divers interlocuteurs "woke" et "écolos". Parmi la chose la plus inquiétant mais la moins bien prouvée : "Les mutations induites dans la plantes passent dans l'organisme animal et donc modifient la physiologie humaine, déclenchant des cancers". A côté de cela, il y avait l'amalgame avec le comportement inique de Monsanto (vente forcée par dives biais, brevet sur des espèces existantes) que j'ai, comme je l'ai précisé, pu observer en Amérique du Sud. Monsanto qui, bien entendu, me semble pas non plus exempt de reproche avec son système de plantes modifiées résistant à son déserbant Round Up, dont je ne suis pas sûr qu'il soit si inoffensif. Encore merci, Lucas ! C'était très synthétique, et le sujet est vaste ! Plus encore les sujets connexes.

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Cela dit, fort de tout ce savoir, je l'ai confronté à celui de ma fille, plus experte en matière d'OGM. Tout ce qui vient d'être exposé est exact, mais elle me confirme cependant que plusieurs problèmes apparaissent.

Tout d'abord qu'actuellement la manipulation génétique peut déboucher sur ce qu'on appelle des chimères : des spécimens d'un type nouveau qui ont un défaut : le nouveau code génétique qu'on y introduit (notamment par la technique des ciseaux génétiques, qui substituent une morceau de séquence génétique de l'ADN par une autre séquence et la "colle" au reste de l'ADN) ne se reproduit pas pour TOUT le spécimen, et ce nouveau code ne ferait que coexister avec l'ancien - ce qui est problématique pour des êtres vivants, surtout les animaux dont l'homme.

Par ailleurs, cette même technique des ciseaux génétiques peut faire qu'une pomme, par exemple, dont certaines molécules sont favorables à la circulation sanguine, entre autres, perde dans l'opération le pouvoir de reproduire ces molécules et donc perde ce pouvoir bénéfique. Bien sûr, on peut toujours améliorer avec l'expérience, mais le risque le pire (dans l'absolu) serait de créer des aliments non-nutritifs, sous prétexte de mettre sur le marché, imaginons, des hybrides de pomme et de poire.

Qu'en pensez-vous ? C'est une science récente, je le précise, et peut-être l'ai-je mal assimilée.

Je pense qu'il y a plein de façons de modifier génétiquement un organisme, il faut continuer la recherche pour pouvoir avoir des résultats qui répondent à nos attentes sans avoir d'effets secondaires sur la santé, interdire l'OGM maintenant comme certains veulent, c'est interdire un prototype en quelque sorte.

Le but recherché (ou qui devrait l'être) est de créer des plantes résistantes pour anticiper les effets de réchauffement climatique, pour lutter contre les parasites et contrer les maladies, on peut aussi imaginer rendre les plantes plus nourrissantes etc... mais bref, le défit c'est de faire tout ça sans effets secondaires trop néfastes, sur la santé ou autre, ça va de soi.

Cependant, si rien n'est dévellopé ou que les recherches prennent trop de temps pour quelconque raison on risque de s'exposer à la faim et c'est pas mieux. La solution c'est la recherche et encore la recherche. C'est un secteur plein d'avenir et riche en opportunités économiques, il faut pas le gâcher, c'est pourquoi il faudrait dans l'idéal une filière national ou européenne de l'OGM pour financer la recherche avec des objectifs qui nous correspondent pour avoir des produits fiables.

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