"Tu pourrais sourire, non ?" — Non

"Tu pourrais sourire, non ?", "Un petit sourire ?"
Les mots me manquent pour exprimer combien ce genre de phrase me hérisse. L'injonction à sourire, qui pèse comme par hasard principalement sur les femmes, c'est l'injonction à se montrer disponible, inoffensive, réceptive, coopérative, ouverte à l'autre. S'effacer pour ne montrer que le masque social requis. Supprimer ses émotions, sa personnalité, ses aspirations, ses limites. Cacher sa force pour afficher le visage faussement radieux de l'hôtesse parfaite, ravie d'assurer la mission constamment assignée aux femmes de veiller à l'harmonie sociale (même entre gens qui n'ont rien à faire ensemble), à arrondir les angles, à éponger les haines, à servir de réceptacle à émotions négatives.

J'aime les statues des déesses antiques pour la force qu'elles dégagent, pour leur solidité et pour leur impénétrabilité. Elles sont le souvenir d'une vision de la féminité infiniment plus riche et plus complexe que le réductionnisme sexuel apporté par la charia chrétienne, qui enferme les femmes dans le triptyque abrutissant de la mère/ la putain / la sainte. Dans le schéma chrétien (et néochrétien, c'est-à-dire les formes laïcisées de la propagande chrétienne), la femme est soit une figure de pure réceptivité (la mère réduite au four à bébé, la putain réduite à la condition d'égout séminal d'une société misogyne, une "latrine", comme disait Baudelaire de George Sand), soit un être quasi dématérialisé, renonçant à la chair et à sa nature, condamnée à la stérilité (la sainte, l'immaculée, la recluse).
On ne mesure pas encore totalement l'ampleur des traumatismes et destructions causés par la charia chrétienne en Europe. Il faudra plusieurs générations pour faire l'inventaire, et bien d'autres encore pour guérir.





(Statues d'Athena, Artémis (X2), Aphrodite, Déméter)

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Bravo pour ce geste d'utilité publique. Les gens, surtout dans le monde du travail, ont beaucoup de mal à comprendre la notion de respect de soi, voire à savoir qu'il existe.

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Merci de remettre les choses à leur place.Chercher à nous forcer à sourire, c'est aussi chercher à nous forcer à accepter tout le monde sans discernement. Une chose insupportable dérivée de la charia chrétienne imposée aux femmes est l'obligation d'acceptation de l'autre. Nous avons le droit de rejeter quelqu'un. Non, ce n'est pas mal, seul le conditionnement mental de la charia le fait croire. Si vous pensez des choses comme il est obligatoire d'accepter l'autre ou de le pardonner, vous avez subi un lavage de cerveau. Nous avons le droit de choisir nos relations et donc de rejeter certaines personnes, sans avoir à nous justifier ni nous sentir coupable. C'est ça qui est normal. Rejeter est normal et sain. Refuser de pardonner aussi.

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Merci aussi pour ces images de vraies femmes. ça change des obsédées et obsédés de la maigreur. Ces femmes feraient hélas fuir en courant la plupart des hommes-enfants de notre société.

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L'injonction à l'acceptation de tous et au pardon sont deux principes misogynes alimentant très largement la culture du viol chrétienne. Toute femme doit tolérer n'importe quel homme sous prétexte qu'il est humain, et a le devoir de pardonner quand il la viole. Je trouve ça abominable.

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:clap::clap::clap: Tellement ! On ne le répétera jamais assez. Les adeptes de ce lavage de cerveau n'ont de cesse de vouloir convaincre les femmes (et les hommes) que se respecter serait de la folie ou de la haine. La culpabilisation est leur arme favorite, et ainsi, ils parasitent et paralysent les personnes les plus empathiques.

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Je vous comprends je crois, et je partage votre goût pour la statuaire antique.

Ce qui me gêne : le sourire peut aussi être une politesse... Ne serait-il pas dommage de l'effacer des visages sous prétexte d'être soi-même, dans l'humeur du jour quelle qu'elle soit ? (Cela vaut pour les femmes comme pour les hommes bien sûr. Enfin je trouve.)

Le mec s'est inscrit uniquement pour faire son mansplaining à deux balles :joy: :joy: :joy: :joy:

Il a posé sa petite crotte, il est content :rofl:

Bonjour Gabriaris, et bienvenue sur le forum.

Votre message me semble tout de même fort bien illustrer les propos de l'auteur.

Mais que trouve-t-on derrière cette conception-là de la politesse, sinon précisément l'injonction à s'effacer pour ne montrer que le masque social requis ?

Mais dommage pour qui, au juste ? Ceux qui estiment que l'affabilité est une vertu ? Ou qu'elle leur est due, toujours, par défaut ? Ceux qui placent l'importance du maintien d'un ordre moral, d'une sorte d'ordre comportemental, au-dessus de l'importance de la liberté des personnes à exprimer leurs pensées ou leurs émotions ? Ceux qui trouvent qu'une femme ou qu'un homme qui ne leur sourierait pas ne serait pas agréable à regarder ? Ceux pour qui la vue d'une telle chose éveillerait un paquet de sentiments enfouis, dont ils ne sauraient alors pas très bien quoi faire ?

Et puis que vaut vraiment un sourire dès lors qu'il est contraint par toutes sortes d'attentes mi-collectivistes et mi-dominatrices de ce genre ? Heureusement, bien des hommes et des femmes se sont déjà libérés de cette étrange convention, au point qu'ils en arrivent au stade où ils peuvent dénoncer ces types singulièrement pénibles qui s'autodésignent policiers de l'expression. Leur sourire, à eux, vaut quelque chose. Vous penserez peut-être que j'exagère, mais sur les applis de rencontre, j'ai fortement tendance à écarter les profils où la personne arbore un grand sourire sur chacune de ses photos, surtout s'il y en a plus de trois ou quatre. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce genre de personne dégage toujours quelque chose de faux, mais ce qui est certain : celles qui se montrent sous d'autres jours me semblent largement plus riches en esprit.

Pourquoi exiger de chacun qu'il se préoccupe d'attentes émotionnelles aussi minuscules et aussi arbitraires que le sourire pour tous et à tout moment ? Plus j'y songe en écrivant ce message, plus je trouve qu'on a en effet affaire à un symptôme de trauma très profond.

Il me semble qu'une société où chacun serait laissé libre de ses interactions serait plus saine. Inviter les personnes à sourire aux autres « dans l'humeur du jour quelle qu'elle soit », c'est une recette efficace de mal-être inutilement aggravé — au mieux ; au pire, de troubles psychiques de long terme. La règle qui consiste à dissimuler aux autres toute douleur, toute peine, tout ennui sous prétexte de ne pas les affecter a des racines chrétiennes connues, et ne produit que du malheur. C'est une conception de la pudeur d'un ridicule achevé.

Bref : :roll_eyes::roll_eyes::roll_eyes:

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Je me permets de poster ici le commentaire d'une lectrice de ce petit texte. Je l'ai trouvé d'une grande justesse.
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J'aime beaucoup ta réponse. On dirait qu'elle a été écrite par un chat. D'ailleurs, dans la vie, quand on doute, il est bon de se demander : "Que ferait un chat dans ma situation ?"

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Raté. Je suis une femme. L'accueil est courtois et intelligent ici.

Bien, donc comme je viens de répondre à l'instant : pas de bol, je suis une femme, pour commencer. Si le ton des réponses sur ce forum est celui-ci je ne vais pas m'y attarder plus longtemps.

Je vous remercie de votre accueil sur ce forum.

Je ne connais ni n'utilise aucune appli de rencontres : je n'en ai pas besoin, et cela me fait horreur. Je dois sans doute être déjà trop vieille pour cela. Et même si je suis une utilisatrice de moyens de communications modernes, concernant les relations humaines en particulier, je préfère le monde réel, aussi complexe et déroutant soit-il.

Je voudrais revenir sur le sourire comme "injonction à s'effacer" : oui et non. Disons : seulement provisoirement, et en fonction des personnes et / ou du contexte dans lequel on se trouve... Dans la vie quotidienne tout est nuance, non ?

Prendre sur soi pour ne pas nuire aux autres, n'est-ce pas là la marque d'un être civilisé, éduqué ? Et pour tout dire... aimable ?

Après, on a le droit de ne pas vouloir être aimable vous me direz, et en effet, personne ne vous (nous) y oblige !

A priori je n'ai pas le sourire si facile, mais je ne me vois pas imposer aux autres mes états d'âme, dont la plupart ne sauraient que faire, ou dont ils se foutraient éperdument tout simplement, ce qui ne ferait que renforcer un sentiment de misère. Je réserve à quelques personnes de confiance -vraiment très peu, celles qui peuvent entendre et ne pas trahir - les soucis qui peuvent me travailler. Aux autres je préfère laisser un sourire, qui engendrera peut-être à son tour un sourire...

"Venez comme vous êtes", la fameuse pub de McDo, est peut-être la pire injonction qui soit, sous couvert de liberté totale. Venez comme vous êtes : c'est le credo anti-civilisation pur.

Comment on passe du thème de l'injonction au sourire à "ne pas nuire aux autres" ? Entre un refus de sourire et un lynchage, il n'y a donc qu'un pas ? Le vivre ensemble doit donc se transformer en sourire ensemble ? Finalement, le problème de Paris, ce ne serait pas la largeur des trottoirs mais plutôt la faute des femmes avares en manifestations émotionnelles qui refusent de sourire à des miséreux affectifs :face_with_monocle:

C'est bizarre de venir sur un forum libéral pour s'attaquer à la publicité de McDonald's qui met juste en avant le fait qu'on n'a pas besoin de s'habiller en costard cravate pour aller manger un hamburger, comme tremplin pour opposer liberté totale et sape civilisationnelle :thinking:

Pourtant McDonald's est le premier lieu connu pour avoir importé des USA le sourire commercial obligatoire à ses employés, dans un but commercial. C'est agréable pour le client, mais c'est une relation commerciale, dans le cadre d'un échange commercial. Les relations humaines impliquent qu'on ne force pas les gens à sourire quand ils ne sont même pas payés pour ça.

Je trouve cette position bizarre. Je pense que le sourire, c'est comme le respect : ça s'inspire mais ça ne s'exige pas. La base de la civilisation, c'est de comprendre qu'on ne bâtit pas une civilisation en cherchant à rendre obligatoires des manifestations sentimentales d'émotions qu'on n'inspire pas. Ça me semble plutôt la base d'un culte moralement intrusif.

Vive la Liberté totale, et merci à McDo pour ce slogan publicitaire plein de sagesse. Un fast food n'a pas à être un conservatoire ou une salle de bal, et une civilisation n'a pas à être singée pour exister, au contraire. Les Bacchanales et les Saturnales sont des réjouissances très européennes et très "civilisationnelles" qui ont davantage de proximité avec le slogan mcdonaldesque qu'avec le contrition et la constipation bourgeoise permanente. L'individu n'a pas à s'anéantir ni même à se diminuer au nom d'un quelconque intérêt collectif supérieur. L'intérêt supérieur de la collectivité, c'est l'individu.

Et quand les individus sont libres et non-amputés, ils consentent librement à des sacrifices par amour non-forcé pour les autres individus. C'est pour ça que les démocraties libérales ont petit à petit éclaté tous les régimes conservateurs modérés ou fascistes.

Sur une échelle de conservatisme antilibéral de 1 à 10, ne seriez-vous pas un peu proche de la dizaine ?

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Je ne passais pas d'une injonction à une autre : je voulais simplement pointer une nuance qui me semble importante.

Le problème de Paris, c'est Hidalgo, entre autres... Et la barbarie qui s'installe là-bas (comme partout en Europe désormais), nous savons tous qu'elle n'est pas vraiment d'origine occidentale. Bref...

Mais parlons-en : vive la liberté totale dites-vous. Fort bien : donc quand une racaille vient comme elle est et vous agresse gratuitement simplement parce que vous êtes une femme, ça vous convient ?

(Quant à votre dernière question : c'est un peu comme les deux premières interventions suite à mon premier message sur ce forum : complètement à côté de la plaque. C'est assez drôle, si on veut...)

Agresser n'est une liberté pour personne, mais la sécurité est une liberté, et le droit à être armé également. Celui de ne pas subir non plus la contrainte d'un entassement volontaire et organisé des peuples sur les terres de ses ancêtres également. Et celui de voir respectée la liberté collective des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Vous avez une vision très négative et conservatrice de la liberté, assimilée à une dérive ou un péché, vous êtes venu pour contredire notre vision. C'est un forum de libéraux et de sympathisants, pas de conservateurs qui se plaignent du "trop-plein de liberté". Je ne vois pas en quoi l'agression est une liberté pour l'agresseur ni pour l'agressée.

Il y a des forums pour se plaindre de la liberté entre conservateurs chiants, vous n'êtes vraiment pas à votre place ici :hammer:

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Je ne comprends pas ce que cette personne est venue chercher ici.

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Cette phrase me donne envie de me remettre à la boxe.

Comme si obliger les gens à sourire était indispensable à une vie civilisée. Ils font ça en Corée du Nord, et tout le monde a envie d'y aller c'est bien connu.

D'ailleurs cette injonction rejoint aussi celle qu'on donne aux enfants et aux bébés de faire des bisous ou des câlins sur demande, de se laisser prendre dans n'importe quels bras sans pleurer...

Obliger les gens à ne pas vivre leur authenticité, ça donne une société de névrosés.

Anecdote : Dans le règne animal, notamment chez nos proches cousins les chimpanzés, le sourire est observé comme un comportement de soumission envers l'animal dominant.

Anecdote 2 : En Inde, les gens ne sourient jamais sur les photos car ils associent sourire et ridicule, manque de charisme et manque de confiance en soi.

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